Projet "Source de Vie et de Santé" (Ndox ak Wergu Yaram)

PROPOSITION DE PROJET

Titre du Projet : Projet "Source de Vie et de Santé" (Ndox ak Wergu Yaram) : Accès durable à l'eau pour l'agriculture et soutien aux évacuations sanitaires dans la région de Thiès.

1. Résumé Exécutif

Le projet "Source de Vie et de Santé" vise à transformer durablement les conditions de vie des communautés rurales de la région de Thiès, au Sénégal, en s'attaquant à deux freins majeurs au développement : l'insécurité alimentaire liée à la dépendance à l'hivernage et le manque d'accès aux soins de santé spécialisés pour les cas graves.

Basé à Thiès, le projet s'articule autour de deux composantes interdépendantes :

  1. Volet Agricole : La mise en œuvre de forages équipés de pompes solaires pour développer le maraîchage en contre-saison. L'objectif est de permettre une agriculture productive 12 mois sur 12, garantissant ainsi la sécurité alimentaire, la génération de revenus stables et la résilience face à la variabilité climatique.
  2. Volet Sanitaire : La création d'un fonds de solidarité et d'un système logistique pour faciliter et financer les évacuations sanitaires urgentes depuis les villages enclavés vers les hôpitaux régionaux (Thiès, Mbour) ou nationaux (Dakar), assurant un accès vital aux soins critiques.

En adoptant une approche participative et en s'ancrant dans les dynamiques locales, ce projet ambitionne d'améliorer de manière significative la santé, la sécurité économique et le bien-être général des populations paysannes de la région.

2. Contexte et Problématique

Les communautés rurales de la région de Thiès, bien que situées dans un carrefour économique, font face à un double défi existentiel :

  • Sur le plan agricole : L'agriculture familiale, principale source de revenus (arachide, mil), est presque entièrement dépendante de l'unique saison des pluies (l'hivernage). La longue saison sèche, qui dure plus de huit mois, contraint les populations à l'inactivité agricole et à une forte précarité. Le potentiel immense du maraîchage, très rémunérateur dans cette zone (zone des Niayes), reste sous-exploité faute d'accès à l'eau, ce qui alimente la pauvreté et l'exode des jeunes.
  • Sur le plan sanitaire : L'éloignement géographique des infrastructures hospitalières de référence constitue une barrière souvent mortelle. Pour une personne souffrant d'une complication grave dans un village reculé, l'évacuation vers l'Hôpital Régional de Thiès ou les structures spécialisées de Dakar représente un parcours du combattant. Les coûts de transport par ambulance privée ou "taxi-clando" sont prohibitifs, et le temps perdu dans l'organisation de l'évacuation réduit drastiquement les chances de survie. Ce manque d'accès aux soins critiques entraîne des drames humains évitables et plonge les familles dans un endettement profond.

Ces deux problématiques créent un cercle vicieux : la malnutrition et le stress hydrique affaiblissent la santé, tandis que les dépenses de santé catastrophiques anéantissent le capital des ménages agricoles.

3. Buts et Objectifs du Projet

But Global : Améliorer la résilience socio-économique et l'état de santé des communautés paysannes ciblées dans les communes rurales de la région de Thiès.

Objectifs Spécifiques (SMART) :

  • OS1 : Assurer un accès permanent à l'eau pour le maraîchage à [Nombre, ex: 500] ménages (en priorité les groupements de femmes) dans [Nombre, ex: 5] villages cibles d'ici 24 mois, en installant [Nombre, ex: 5] forages équipés de systèmes d'irrigation.
  • OS2 : Développer et diversifier la production sur [Nombre, ex: 10] hectares de périmètres maraîchers, permettant au moins deux cycles de culture en contre-saison et augmentant les revenus agricoles de 50%.
  • OS3 : Mettre en place un fonds de solidarité sanitaire fonctionnel et financer [Nombre, ex: 40] évacuations sanitaires prioritaires par an pour les habitants des villages cibles.
  • OS4 : Renforcer les capacités locales en créant et formant des Comités de Gestion de l'Eau (CGE) et un Comité de Suivi Sanitaire (CSS) pour assurer l'autonomie et la pérennité des actions du projet.

4. Composantes et Activités Détaillées

Composante 1 : "Eau pour le Développement" (Ndox mu Jariñ) - Maraîchage et Revenus

  • Activité 1.1 : Études hydrogéologiques et sélection participative des sites de forage en concertation avec les chefs de village et les groupements de producteurs.
  • Activité 1.2 : Réalisation de [Nombre] forages et installation de pompes solaires immergées, de châteaux d'eau et de bornes-fontaines.
  • Activité 1.3 : Aménagement de périmètres maraîchers clôturés avec un système d'irrigation adapté (goutte-à-goutte) et attribution des parcelles, en favorisant l'accès des femmes.
  • Activité 1.4 : Mise en place et formation des Comités de Gestion de l'Eau (CGE) sur la maintenance des équipements, la gestion des tours d'eau et la collecte d'une redevance pour l'entretien et le renouvellement du matériel.
  • Activité 1.5 : Formation des bénéficiaires aux techniques de maraîchage agro-écologique, à la gestion post-récolte et à la commercialisation vers les marchés locaux ("loumas") et urbains (Thiès, Dakar).

Composante 2 : "Corridor de Santé" (Yoonu Wergu Yaram) - Accès aux Soins d'Urgence

  • Activité 2.1 : Création d'un Fonds de Solidarité Sanitaire (FSS) avec un capital de démarrage.
  • Activité 2.2 : Mise en place d'un Comité de Gestion Sanitaire (CGS) impliquant les "badiénou gokh" (marraines de quartier), les relais de santé et les notables, chargé de valider les demandes sur la base de critères clairs (certificat médical, urgence, situation sociale).
  • Activité 2.3 : Signature de conventions avec des transporteurs locaux (ambulanciers, chauffeurs) et les postes ou centres de santé de référence pour garantir la disponibilité et la rapidité des évacuations.
  • Activité 2.4 : Mise en place d'une permanence téléphonique et d'un protocole simple de référencement, connu de tous, depuis le poste de santé local jusqu'à l'hôpital.
  • Activité 2.5 : Organisation de "causeries" de sensibilisation dans les villages sur l'existence du fonds, la prévention et la reconnaissance des signes de danger des maladies graves.

5. Chronogramme de Mise en Œuvre (Exemple sur 24 mois)

Phase Activités Clés Mois 1-3 Mois 4-12 Mois 13-20 Mois 21-24
1. Lancement Mobilisation sociale, études, sélection des villages et bénéficiaires X
2. Implémentation Forages, installation des pompes, aménagement des périmètres maraîchers X
Création du fonds sanitaire et des comités de gestion X
3. Renforcement Formations techniques (maraîchage/santé), suivi des activités X
Premières évacuations et premières récoltes de contre-saison X
4. Suivi & Pérennisation Évaluation, capitalisation et transfert complet des compétences aux comités X

6. Budget Prévisionnel

Ligne Budgétaire Coût Estimé (FCFA) Détails
Investissements XXX Coûts des études, forages, pompes solaires, châteaux d'eau, irrigation, clôtures.
Fonds de Solidarité Sanitaire XXX Capital de départ pour le financement des transports et des premiers frais médicaux.
Ressources Humaines XXX Chef de projet, technicien agronome, animateur social/santé.
Fonctionnement & Logistique XXX Véhicule 4x4, carburant, communication, matériel de formation, frais de bureau à Thiès.
Suivi, Évaluation & Audit XXX Évaluations mi-parcours et finale, audit financier.
Frais administratifs (10%) XXX
TOTAL XXX

7. Suivi et Évaluation

Le suivi sera assuré par l'équipe projet basée à Thiès via des rapports mensuels et des descentes sur le terrain. Les indicateurs clés incluront :

  • Nombre de forages fonctionnels et mètres cubes d'eau produits.
  • Nombre d'hectares mis en culture en saison sèche.
  • Augmentation du revenu moyen des ménages maraîchers (avec un focus sur les femmes).
  • Nombre et type d'évacuations sanitaires réussies.
  • Montant des cotisations collectées par les comités pour les fonds de maintenance et de solidarité.

8. Pérennité du Projet

La durabilité du projet est un pilier central et repose sur :

  • Appropriation communautaire : Les comités de gestion (CGE et CGS), formés et outillés, prendront en charge la gestion complète des infrastructures et des fonds à la fin du projet, en lien avec les autorités communales.
  • Durabilité financière : Instauration d'une redevance modique pour l'eau afin de financer la maintenance ("caisse à outils"), et alimentation continue du fonds sanitaire par des contributions communautaires après les récoltes.
  • Durabilité technique : Utilisation de technologies solaires robustes et formation d'artisans-réparateurs locaux pour assurer la maintenance de proximité.
  • Ancrage institutionnel : Le projet sera mené en parfaite synergie avec les services techniques de l'État (hydraulique, agriculture) et les Plans de Développement Communal (PDC) pour une reconnaissance et un soutien à long terme.

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